Semis direct et organisation de la
rotation. Recommandations culturales de
Pour
qu’une infection de fusariose puisse se déclencher de manière significative,
il faut que les besoins en température et en humidité des différentes espèces
de fusarioses soient satisfaits. Concrètement, cela signifie plusieurs jours et
précipitations ou un temps humide en combinaison avec des températures
d’environ 18°C durant la floraison retardée et dont la durée se prolonge.
Recommandation:
Une intervention chimique peut
s’envisager en dernier recours lors de conditions climatiques extrêmes telles
qu’évoquées ci-dessus.
Choix variétal :
Le
choix d’une variété peu sensible aux fusarioses représente une mesure
importante de lutte. La liste des variétés recommandées des stations fédérales
de recherches de la RAC à Changins et de la FAL à Reckenholz ainsi que Swiss
Granum donne toutes les informations relatives à la tolérance des diverses
variétés. Malheureusement il n’y a que peu de variétés de blé d’hiver
peu sensibles. Dans les maïs, le choix de variétés tolérantes est plus grand.
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Recommandations: |
A cultiver : |
les variétés peu
sensibles de blé d’automne comme Arina, Ségor, Tanéda ou Titlis |
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A éviter: |
les variétés très
sensibles comme Asketis, Boval, Levis, Lona, Orsino, et Zinal. |
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A considérer: |
La colonne relative
à la pourriture des tiges lors du choix des variétés de maïs. |
Rotation/ Précédent :
Les
fusarioses sont des parasites qui s’attaquent, outre aux différentes espèces
de céréales et au maïs, également aux graminées. La problématique de la
rotation s’est en outre encore renforcée par les facteurs suivants :
l’énorme accroissement des surfaces de maïs, l’introduction du triticale,
l’intensification continue avec renforcement de la fumure, usage de
raccourcisseurs, ainsi que le croisement de nouvelles variétés à haute
productivité sensibles à la fusariose : La pratique d’un assolement équilibré
constitue donc un élément central de la lutte contre les fusarioses.
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Recommandations : |
Alternance
annuelle conséquente entre céréales et sarclées. ·
pas
de blé d’automne après maïs grain ou respectivement maïs
d’ensilage, pas de maïs après maïs, ni de blé en répiage. Un
assolement avec 50 % ou moins de blé, triticale, et maïs conduit
automatiquement à une moindre pression de fusariose. |
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Exemple
de rotations: ·
peu favorable aux fusarioses : Betteraves à sucre, pommes de
terre, colza, tournesol ou orge d’automne avant du blé d’automne. ·
moyennement favorable aux fusarioses : Mélanges fourragers à
base de trèfles et graminées, pois protéagineux et blé d’automne
avant un blé d’automne. ·
favorisant fortement les fusarioses : maïs grain et maïs
d’ensilage avant blé d’automne ou maïs. |
Travail du sol et mesures favorisant la décomposition des déchets
organiques :
Le
travail du sol a une influence décisive sur le mulch de couverture. Plus le
travail du sol est extensif, plus de débris végétaux jonchent la surface du
sol. Le risque d’infection l’année suivante augmente proportionnellement.
Très répandue est l’opinion que le recours à la charrue permettrait de prévenir
de manière sûre et certaine toute attaque de fusariose. Il existe cependant
des travaux de recherches qui démontrent le contraire : lorsque les
travaux de préparation de sol, y compris avec labour profond, sont effectués
de manière inopportune, il se peut qu’une partie importante de débris végétaux
difficilement décomposables (parties de tiges et rachis d’épis) restent en
surface. D’autre part les résidus de récolte, infectés par des fusarioses,
enfuis lors du labour ne se décomposent pratiquement pas dans les profondeurs
du sol; à l’occasion d’un labour ultérieur, ces restes de plantes peuvent
être remontés à la surface et déclancher des infections primaires.
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Recommandations: |
En général : |
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Tant
lors du travail du sol traditionnel avec la charrue, que lors du travail
du sol sans labour, y compris le semis direct, il faut prendre toutes les
mesures permettant de favoriser et développer la vie du sol et la décomposition
des débris végétaux. |
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- Maïs: |
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Les
tiges de maïs ensilage (chaumes), tout comme la paille de maïs grain
doivent être hachées et réduites à une taille adaptée à la cavité
buccale des vers de terre, à l’aide d’un broyeur adéquat (Kuhn).
Cette recommandation est valable tant pour les systèmes de culture avec
labour que sans labour. |
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- Maïs grain, blé d’automne et triticale: |
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Une
moissonneuse-batteuse équipée d’un éparpilleur de menue paille et
d’un bon répartiteur de paille avec déflecteur, permet une répartition
homogène des débris de récolte. Si ces débris de récolte venaient à
être enfuis, le faire de manière superficielle (maximum 15 cm de
profondeur) dans la partie du sol biologiquement active. |
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- Blé et triticale d’automne. |
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L’implantation
de cultures intercalaires, d’engrais verts ou de mélanges fourragers à
base de trèfles et de graminées doit être réalisé le plus rapidement
possible afin que les débris de récoltes puissent se décomposer dans ce
milieu humide. ·
L’apport
d’une fumure azotée favorisant la décomposition (p. ex. : purin)
peut s’avérer avantageuse. |
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- Indépendamment du précédent : |
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Les
apports d’engrais organiques comme les fumiers ou les résidus
d’engrais verts favorisent l’activité biologique des sols, ce qui en
retour accélère la décomposition des débris de récoltes. ·
Les
débris de récolte ne devraient pas être incorporés dans le sol lorsque
les conditions sont trop humides. ·
Des
conditions de sol anaérobes tout comme les zones de compactage, les
semelles de labour ou les horizons lissés doivent être évités dans
tous les cas. ·
Les
méthodes de travail du sol sans labour et les systèmes de semis direct
sans labour favorisent la décomposition des matières organiques et la
vie du sol. ·
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Le
recours aux fongicides sans mesure complémentaire ne permet pas de résoudre le
problème des mycotoxines. Mais pour contrôler une attaque de fusariose et prévenir
l’accumulation de toxines qui pourraient en résulter dans la récolte,
l’utilisation de fongicides (en tant que moyens de sauvetage) peut se
justifier. Dans les essais plein champ il apparaît toutefois que l’emploi des
matières actives autorisées comme les triazoles ou les strobilurines ne permet
rarement de dépasser 50 % d’efficacité. De même la détermination du moment
optimum d’intervention (dans une période de 3 à 6 jours durant la floraison)
s’avère extrêmement difficile. Mal utilisé le recours à des fongicides
peut renforcer les attaques de fusariose et provoquer des pertes de rendements.
Dans le maïs aucune intervention n’est possible en raison de la taille de la
culture.
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Recommandations: |
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L’application
de fongicide ne doit être entreprise qu’en dernier recours et
uniquement comme mesure de sauvegarde. ·
En
cas de danger d’infection, une application de triazoles peut
s’envisager durant la floraison. Les strobilurines devraient être évitées
dans la mesure du possible. ·
Choisir
les variétés de blé les moins sensibles aux fusarioses. |
La
fumure azotée influence les attaques de fusarioses. En cas d’apports trop
tardifs et trop élevés, (à l’épiaison) on risque la verse. Les stomates
des feuilles restent longtemps ouverts et les conditions d’infection et de
contamination sont alors optimales pour les fusarioses. Si le risque de verse
potentiel est contré par une application de Moddus, les spores de champignons
atteignent alors facilement les épis en raison des tiges raccourcies.
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Recommandations:
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Réduire
le dernier apport de N, en contrepartie renforcer les apports précédents. ·
Eviter
de trop raccourcir les céréales, et observer la plus grande prudence
lors des applications avec du Moddus. ·
Choisir
les variétés les moins sensibles à la verse. |
Commercialisation
Les
organisations suisses de la branche des céréales Swiss granum et IP-Suisse ont
présentés des recommandations spécifiques. Les centres collecteurs ont le
droit, pour leur part, de refuser des lots fortement contaminés.
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Recommandations: |
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Les
parcelles (ou partie de celles-ci) fortement attaquées par la fusariose
doivent être récoltées séparément, et les lots doivent être livrés
à part en informant précisément le centre collecteur. ·
Les
cultures versées de céréales de variété particulièrement sensible
doivent être attentivement contrôlées avant la récolte. ·
Les
recommandations de la branche des céréales et des centres collecteurs
font foi. |
Le
moyen le plus efficace de réduire les risques d’attaque de fusariose,
consiste à renoncer à cultiver un blé d’automne après un maïs, ainsi
qu’à réduire la part de blé, triticale et maïs dans la rotation. La présence
de mycotoxine dans les blés après maïs peut être sensiblement réduite en
ayant recours à des variétés tolérantes. Cette mesure est à combiner à un
hachage soigné des déchets de récolte favorisant leur décomposition tant après
maïs ensilage qu’après maïs grain. Ces débris de récoltes incorporés de
manière superficielle à moins de 15 cm de profondeur dans le cadre des
techniques culturales simplifiées sans labour seront décomposés bien plus
rapidement que s’ils étaient enfuis profondément par un labour.
Note
aux rédactions
D’autres
renseignements peuvent être obtenus auprès de Mme Regula Schwarz, au secrétariat
de
Ligerz,
le 17 Octobre 2003